Facebook avait lancé Facebook Deals (en complément de Facebook Places) pour profiter de l'explosion des couponings groupés, marché trusté par Groupon et par de nombreux entrants qui cherchent à prendre une plac (LivingSocial, Lookingo, KGBDeals, etc)
Pourtant Facebook disposait d'une pièce maitresse pour réussir : une base installée de membres avec possibilité de géolocalisation.
En effet, dans ce business des "daily deals", l'entreprise n'est qu'un intermédiaire entre des petits commerçants ou des distributeurs / retailers et des consommateurs (plutôt de type "chasseur de prime", à la recherche de la bonne affaire en permanence).
Facebook disposait déjà d'une base installée de consommateurs potentiels avec ses plus de 600 millions de membres dans le monde. De plus, de nombreuses marques créent leur page fans et commencent à faire de la publicité sur Facebook avec notamment un potentiel de ciblage intéressant. Parmi ces marques, Facebook dispose de retailers comme Gap avec qui il a fait une opération d'envergure au lancement de Facebook Deals.
Mais pour proposer en permanence de nouvelles offres, variées, géolocalisées, la véritable barrière à l'entrée de ce business je l'ai déjà dit à de nombreuses reprises sur ce blog : ca n'est pas la techno, c'est les commerciaux. Un commercial qui démarche les petit commerce c'est couteux et ca doit être persévérant.
Malheureusement Facebook reste une boite "techno" qui développe un logiciel (le site facebook) à destination des utilisateurs et qui se finance par la publicité. C'est le cas de Google qui a déjà eu plusieurs tentatives avortées pour adresser le marché du local business en 2007/2008 avec quelques commerciaux ; mais Google reste une boite techno.
Facebook a donc décidé d'abandonner le marché des deals. A l'opposé, Amazon réussi plutot bien avec LivingSocial. Facebook a voulu se diversifier mais n'a peut être pas choisi la meilleure option.
Il y a plusieurs façons d'entrer sur un marché lorsqu'on souhaite se diversifier : Build, Buy, Partnership.
Build : on construit soi-même ; à faire lorsqu'on dispose déjà d'actifs ou qu'on ne trouve pas dans les 2 autres options des éléments suffisament convaincants.
C'est ce qu'à voulu faire Facebook. En effet Facebook disposait d'actifs intéressants pour attaquer le marché seul. Mais il aurait du au moins recruter un Directeur Commercial qui aurait ensuite recruter des centaines de commerciaux terrains.
Buy : on rachète une société existante. Ca permet de gagner du temps ou de racheter des actifs (une techno par exemple) ou des compétences (une équipe, des experts). C'est ce qu'a fait Amazon sur le marché des couponings groupés en investissant de manière significative dans LivingSocial qui est aujourd'hui n°2 derrière Groupon
Partnership : on fait un partenariat ou un joint-venture pour adresser le marché tout en sécurisant la réussite avec des sociétés qui connaissent le métier. Inutile de prendre des risques inconsidérés, il faut avoir l'intelligence de se dire que si la diversification n'est pas évidente il y a d'autres personnes/société dont c'est le métier et qui augmenteront ainsi les chances de succès.
Je reste persuadé que le business créé par Groupon, malgré le succès de l'entreprise, ce marché des daily deals n'est pas pérenne. Commerçants et clients vont tester puis progressivement chercher à avoir des rétributions plus intéressantes (commerçants) / des offres de plus grande qualité sans obligatoirement avoir des réductions aussi avantageuses qu'aujourd'hui (clients). On devrait revenir à une analyse rationnelle d'une partie des consommateurs basée sur le rapport qualité/prix et non plus uniquement sur le prix ou même plus précisement le montant de la réduction obtenu.
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